Le jean ? Moins innocent qu’on pourrait le croire…

Le jean ? Moins innocent qu’on pourrait le croire…

                  Chaque seconde, soixante-treize jeans sont vendus dans le monde. Quatre-vingt-dix millions en France chaque année. Mais que savez-vous exactement de celui que vous portez en ce moment ?

Une culture du coton très gourmande…

            D’abord, pour fabriquer un jean, il faut de la matière première. Et la plus utilisée pour la fabrication textile, c’est le coton. Or, la production de coton n’est pas du tout écologique. En effet, aucune production ne consomme plus que celle du coton : un quart des pesticides mondiaux sont destinés au coton, la plupart de ces pesticides sont même interdits en France. De plus, il faut entre 5000 et 25 000 litres d’eau pour produire un kg de coton, soit l’équivalent de la consommation d’eau d’un Français pendant 100 jours. Et, à cette production, ce sont la Chine, l’Inde et les Etats-Unis qui sont les plus forts. Ainsi la moitié de l’impact environnemental d’un jean est due à la culture du coton… et l’autre au transport.

Parce que votre jean, il a sûrement voyagé plus que vous!

            Outre le coton, c’est le trajet que fait votre jean pour arriver chez vous qui pose problème. Par exemple, pour fabriquer un pantalon, le coton produit en Afrique, est filé et teint en Chine, tissé en Pologne, assemblé aux Philippines et enfin vendu en Europe. Dix-huit composants vont converger vers un seul lieu d’assemblage  : votre jean, pas encore assemblé, va traverser pas moins de douze pays différents. Et même ceux qui assemblent les jeans ne savent pas d’où proviennent tous ces composants. En fait, votre vêtement va faire 65 000 km avant que vous ne l’achetiez ! Soit une fois et demie le tour de la planète! De plus, vous ne saviez sûrement pas que votre jean, avec tous les vêtements produits,  est responsable de 13% des émissions de dioxyde de carbone mondial. En effet, les étiquettes ne permettent pas de savoir tout cela !

            Un jean sur trois est produit au Bangladesh, alors si votre pantalon n’en provient pas, il vient sûrement de Chine.  Les personnes qui assemblent vos jeans sont des femmes ou des hommes (et peut-être même des enfants dans certaines entreprises sans scrupules), qui travaillent toute la journée dans des conditions déplorables,  pour un salaire, qui selon la loi, doit être de minimum 30€ au Bangladesh… ce qui est bien inférieur au prix du jean vendu en France !

Vous voulez être à la mode ? Et bien c’est pire !

            Vous trouvez que les jeans délavés sont à la mode donc vous voulez absolument le vôtre? Et bien c’est l’étape la plus polluante de la production ! Pour le délavage, les ouvriers vont devoir blanchir, poncer ou griffer un jean tout neuf ! Ou pire, ils vont devoir utiliser le sablage, une étape qui consiste à projeter du sable à très haute pression sur le vêtement. Cette technique, officiellement interdite au Bangladesh, est pourtant extrêmement utilisée. Le délavage va utiliser une cinquantaine de produits chimiques très toxiques. Cette production va provoquer la pollution des fleuves, des mers, des nappes phréatiques, à cause du rejet des eaux usées et l’épuisement des sols. Cela peut aussi provoquer des problèmes de santé graves pour les ouvriers qui sont tous les jours en contact direct avec des produits chimiques afin que vous puissiez être à la mode. Pourtant les consommateurs européens ferment les yeux, tous les abus sont donc possibles.

            Pour produire un jean, il faut un litre de pesticides, vingt-cinq litres de pétrole et environ quarante-deux litres d’eau, pour un coût de production toujours plus bas au détriment des hommes et de la planète. Alors les jeans actuels pas terribles pour le DD…

Pourtant des solutions existent…

            Changer sa consommation, c’est d’abord favoriser la proximité et bien faire attention au lieu de production : eh, oui, vous ne le savez peut-être pas mais tous les jeans ne sont pas faits à l’autre bout du monde…. Vous pouvez aussi favoriser les labels, qui vous assurent de bonnes conditions sociales de production.

Comme le label Max Havelaar, qui garantit par exemple la culture équitable du coton.

Aujourd’hui on trouve également des jeans dont les techniques de traitement se sont améliorées : En effet, plus de sablage mais un délavage au laser, et le bleu se fixe directement sur le coton, plus de produits chimiques polluants. Ces jeans ne coûtent à la fabrication que dix à quinze centimes supplémentaires.

Vous pouvez faire le choix du coton bio ou mieux du bambou….cette nouvelle matière apparait en effet comme plus vertueuse, car elle nécessite moins d’eau et moins de pesticides pour sa culture. On trouve aujourd’hui des boxers pour homme très sympas faits en fibre de bambou.

Mais encore mieux, vous pouvez échanger ou revendre vos vêtements dans des friperies, des trocs, des ressourceries : c’est plus  écologique, plus économique, et ça évite de racheter de nouveaux jeans. Nous  en avons visité une près de Douai, une boutique où l’on revend a des prix très bas des vêtements, qui ont été récupérés. Une solution vraiment économique !

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Quelques images de notre premier troc fringues, une répétition avant de changer d’échelle le 28 avril !

Echanger  des habits qui ne vous plaisent plus avec d’autres personnes, c’est se permettre de repartir avec une nouvelle garde-robe sans avoir dépensé un centime. Et puis c’est aussi réduire considérablement nos déchets. C’est cette  nouvelle façon de consommer que nous essayons d’expliquer aux élèves de notre lycée. Durant la semaine du développement durable, nous allons organiser un grand troc. Nous l’avons testé dans notre classe et ça a super bien marché.

 Le 28 avril, les élèves de notre cité scolaire pourront ainsi découvrir un moyen écologique et économique de se rhabiller !

Flora Carpentier

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