{"id":618,"date":"2017-04-26T20:59:38","date_gmt":"2017-04-26T18:59:38","guid":{"rendered":"http:\/\/lehublot.paulduez.org\/?p=618"},"modified":"2026-02-17T19:48:17","modified_gmt":"2026-02-17T18:48:17","slug":"ramene-pas-ta-fraise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lehublot.paulduez.org\/?p=618","title":{"rendered":"Ram\u00e8ne pas ta fraise"},"content":{"rendered":"<h1><strong>En f\u00e9vrier, ram\u00e8ne pas ta fraise ! Mais en mai viens en manger au lyc\u00e9e !<\/strong><\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La fraise est tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e par les Fran\u00e7ais\u00a0: chaque ann\u00e9e 120 000 tonnes sont consomm\u00e9es mais beaucoup n\u2019ont pas la patience d\u2019attendre le mois de mai pour se r\u00e9galer\u2026 En effet, d\u00e8s le mois de f\u00e9vrier on peut trouver des fraises dans certains magasins. Elles viennent pour la plupart d&rsquo;Espagne, mais ce ne sont pas tout \u00e0 fait les m\u00eames.<\/em><\/p>\n<h3><strong>L&rsquo;usine \u00e0 fraises de l&rsquo;Europe<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Espagne est le premier producteur mondial du fruit rouge. Pr\u00e8s de 60% de sa production totale vient de la r\u00e9gion de Do\u00f1ana au sud de l\u2019Espagne, surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0l\u2019usine \u00e0 fraises de l\u2019Europe\u00a0\u00bb. Elle produit entre 40 et 50 tonnes de fraises par an et par hectare. A perte de vue, l\u2019espace est recouvert de serres en plastique. Pr\u00e8s de 100\u00a0000 tonnes sont export\u00e9es chaque ann\u00e9e, et 35% directement vont vers l\u2019Hexagone. La production s\u2019\u00e9tend sur 6000 hectares (superficie \u00e9gale \u00e0 la ville d\u2019Avignon) et elle continue encore \u00e0 se d\u00e9velopper m\u00eame si elle empi\u00e8te d\u00e9j\u00e0 de 450 hectares sur le parc national de Do\u00f1ana. Cette r\u00e9gion est \u00e0 l\u2019origine une r\u00e9gion aride et ce \u00ab\u00a0potager\u00a0\u00bb a besoin de pr\u00e8s de 20 millions de m\u00e8tres cube d\u2019eau par an, ce qui correspond \u00e0 pr\u00e8s du tiers des ressources des nappes phr\u00e9atiques&#8230; Besoin qui met la biodiversit\u00e9 locale comme le lynx ib\u00e9rique en danger\u00a0: cette derni\u00e8re a un besoin permanent d\u2019eau et d\u2019humidit\u00e9.<\/p>\n<h3><strong>B\u00e2ches et engrais \u00ab\u00a0magiques\u00a0\u00bb<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les fraises sont cultiv\u00e9es sous serre\u00a0: les employ\u00e9s \u00e9tendent de grandes b\u00e2ches au dessus des plants pour conserver l\u2019humidit\u00e9 permettant \u00e0 l\u2019entreprise d\u2019\u00e9conomiser des milliers d\u2019euros. Les 4500 tonnes de plastique utilis\u00e9es chaque ann\u00e9e sont cens\u00e9es \u00eatre tri\u00e9es et recycl\u00e9es, mais l\u2019engagement n\u2019est pas souvent respect\u00e9 et les b\u00e2ches peuvent se retrouver dans la nature. De nombreux engrais sont \u00e9galement utilis\u00e9s comme le phosphore pour acc\u00e9l\u00e9rer la pousse, le calcium qui modifie la consistance (le fruit devient plus ferme) et d\u2019autres encore pour avoir la couleur rouge\u2026 En revanche ils modifient fortement le go\u00fbt qui devient, de ce fait, beaucoup moins prononc\u00e9. Pour avoir des fraises si t\u00f4t dans l\u2019ann\u00e9e, certaines entreprises placent les plants au frigo l\u2019\u00e9t\u00e9 pour leur faire croire que c\u2019est l\u2019hiver et les ressortent vers le mois de novembre pour les remettre en terre. Elles les couvrent alors de nouveau avec des grandes b\u00e2ches pour conserver la chaleur. Les sols sont trait\u00e9s pour prot\u00e9ger les fruits des maladies et des insectes.<\/p>\n<table style=\"width: 272.5px;\">\n<tbody>\n<tr style=\"height: 307px;\">\n<td style=\"width: 223.5px; height: 307px;\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-541\" src=\"https:\/\/lehublot.paulduez.org\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/hublot37fraises-228x300.png\" alt=\"hublot37fraises\" width=\"228\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lehublot.paulduez.org\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/hublot37fraises-228x300.png 228w, https:\/\/lehublot.paulduez.org\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/hublot37fraises-114x150.png 114w, https:\/\/lehublot.paulduez.org\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/hublot37fraises.png 391w\" sizes=\"(max-width: 228px) 100vw, 228px\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 38.5px;\">\n<td style=\"width: 223.5px; text-align: justify; height: 38.5px;\"><span style=\"font-size: 10px;\">Un \u00e9tal de fraises espagnoles dans une grande surface belge le 14 f\u00e9vrier dernier. Photo Le Hublot<\/span><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h3><strong>Des fraises pas ch\u00e8res mais des salaires de mis\u00e8re<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le trajet pour la distribution en France dure approximativement deux jours et les entreprises injectent des conservateurs pour que les fraises r\u00e9sistent au voyage et conservent une belle forme \u00e0 leur arriv\u00e9e. Revendues entre 1,95 \u20ac et 2,50 \u20ac le kilo (approximativement la moiti\u00e9 du prix des fraises fran\u00e7aises), ces fraises espagnoles attirent \u00e9norm\u00e9ment de consommateurs \u00e0 partir de f\u00e9vrier. Les entreprises espagnoles arrivent \u00e0 faire des b\u00e9n\u00e9fices malgr\u00e9 ce prix minime gr\u00e2ce aux \u00e9conomies tr\u00e8s importantes qu\u2019elles font sur le prix de la main-d\u2019\u0153uvre beaucoup moins ch\u00e8re qu\u2019en France : les employ\u00e9s sont pay\u00e9s environ 950 euros par mois<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">pour se baisser pendant six heures sous une chaleur parfois d\u00e9passant les 40\u00b0C.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mesure-t-on toujours cela quand on mange des fraises espagnoles en f\u00e9vrier\u00a0? S\u00fbrement pas&#8230;<\/p>\n<h3><strong>Des fraises plus \u00e9co responsables<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais on peut aussi manger des fraises fran\u00e7aises quand c&rsquo;est la saison. Nous avons rencontr\u00e9 Bernard Coquelle, agriculteur bio \u00e0 Auberchicourt dans le Nord qui vend ses fraises pendant 6 mois \u00e0 peu pr\u00e8s, entre d\u00e9but mai et mi-novembre. Sa production s&rsquo;\u00e9tend sur 600m\u00b2, et en 2015 il\u00a0 a produit, \u00a0avec ses\u00a0 2400 pieds plant\u00e9s, 1,5 tonne de fraises, soit approximativement 3000 barquettes de fruits de 500 grammes, ce qui est bien pour la superficie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les fraises sont cueillies \u00e0 la main : ce sont des <em>Cirafines<\/em>, vari\u00e9t\u00e9 remontante qui permet d&rsquo;avoir des fraises deux fois dans l&rsquo;ann\u00e9e et des <em>Joly<\/em> pour le printemps. Voil\u00e0 ce qu&rsquo;il nous a confi\u00e9 : \u00ab\u00a0Il faut compter 600 heures de travail pour 600 m\u00b2 : il faut travailler le sol, entretenir le compost, mettre en place l&rsquo;irrigation et\u00a0 repiquer les plants. Une grosse partie du travail se fait \u00e0 la main comme il y a un si\u00e8cle. De plus, avec l&rsquo;agriculture biologique on ne doit pas utiliser de produits de synth\u00e8se ni \u00a0de pesticides : juste du fumier et du compost comme par exemple du bois ram\u00e9al fragment\u00e9 (BRF) maison. On est oblig\u00e9 de conserver le lien entre la plante et la terre et on doit trouver des auxiliaires dans la nature. Vers le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e, on a souvent des probl\u00e8mes avec les pucerons et, pour les contrer, on ins\u00e8re des larves chrysopes dans les plants, leurs \u0153ufs mangent les pucerons. En 2015, on a utilis\u00e9 des parasites car on avait des soucis avec des acariens, on a achet\u00e9 d&rsquo;autres acariens non n\u00e9fastes pour les fraises et ces derniers ont mang\u00e9 leurs semblables qui posaient probl\u00e8me.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En tout cas, Bernard Coquelle vend ses fraises, 3,60\u20ac la barquette, sur place dans sa ferme, mais aussi sur les march\u00e9s, et fournit m\u00eame le coll\u00e8ge \u00a0voisin de Bouchain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c&rsquo;est parce que les fraises de Bernard nous semblent bien app\u00e9tissantes qu&rsquo;on a d\u00e9cid\u00e9 de mettre en place, de notre c\u00f4t\u00e9, une action dans notre lyc\u00e9e : en partenariat avec les Incroyables Comestibles, qui doivent nous apporter prochainement des bacs, on va planter des fraisiers et des framboisiers dans notre grande cour. On devrait donc manger des fruits cette ann\u00e9e&#8230;on esp\u00e8re avant les vacances d&rsquo;\u00e9t\u00e9 !<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Isis Leli\u00e8vre et Justine Lenglet<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En f\u00e9vrier, ram\u00e8ne pas ta fraise ! Mais en mai viens en manger au lyc\u00e9e ! 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