Recycler ses fringues ? C’est dingue !

Recycler ses fringues ? C’est dingue !

En moyenne, nous ne portons que la moitié de notre garde-robe et nos vêtements proviennent quasiment tous de pays comme le Bangladesh, la Chine ou l’Île Maurice ! On estime qu’en 2016 les industries textiles ont été la cause de 10 % des émissions mondiales de carbone. Les vêtements sont donc malheureusement le résultat de catastrophes sociales et environnementales.

De plus, les modes éphémères poussent les consommateurs à acheter toujours plus de vêtements. Un Américain moyen jette environ l’équivalent de 191 tee-shirts chaque année et en France, seulement 25 % des vêtements que nous jetons sont recyclés ou réutilisés : le reste, soit 75 %, est soit enfoui dans des décharges en polluant les sols, soit incinéré ce qui dégage des gaz à effet de serre.

Alors face à ces constats, comment faire ? Et bien, oui, il est possible de faire autrement… Acheter mieux certes mais surtout jeter moins !

Le recyclage des vêtements, une idée à développer

Depuis 2007, les producteurs sont obligés de mettre en place un système de recyclage des produits qu’ils mettent sur le marché. Ainsi, plus de 40 000 points de collecte de vêtements sont présents en France métropolitaine et en Outre-mer où des associations comme le Relais les récupèrent. En tout, ce sont 175 000 tonnes de vêtements qui sont ainsi collectées chaque année en France.

Le recyclage peut s’effectuer de différentes manières. Soit mécaniquement par le découpage, l’effilochage, le broyage et le défibrage des vêtements : c’est plus facile à mettre en œuvre mais cela dégrade les fibres plus rapidement. Soit chimiquement, grâce à un procédé de dissolution : les fibres sont transformées en molécules, puis retransformées en nouvelles fibres, ce qui permet d’obtenir des fibres de qualité identique à celle des fibres initiales mais c’est toutefois plus difficile et plus coûteux. Recyclées, ces fibres seront ensuite transformées en chiffons ou en isolants pour maison par exemple.

Et une seconde vie pour les vêtements…

Les associations comme Emmaüs donnent aussi une seconde chance aux vêtements en les revendant à bas prix dans des ressourceries ou des magasins solidaires pour que les personnes en difficulté, ou à la pointe de la mode vintage ou tout simplement concernées par ce problème de gaspillage, puissent en profiter. Il est aussi possible de choisir de revendre dans une friperie ou une brocante… ou de simplement rendre heureux un membre de son entourage en lui offrant le vêtement. Sinon, on peut aussi le customiser et lui donner une seconde jeunesse : les tutoriels foisonnent sur le net ou dans les magazines avec la mode du « vintage » et du « do it yourself ». On peut éviter ainsi un achat inutile et on fait un geste bien utile pour la planète

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En janvier dernier, c’était notre premier troc fringues, une vraie réussite !

Jeter moins c’est aussi acheter mieux 

En effet, le secteur de la mode ethique se développe peu à peu en France. Ainsi, en 2012, le jean « 1083 » est lancé. Le principe est simple : un jean made in France qui ne parcourt que 1083 kilomètres de sa fabrication jusqu’à son point de vente, soit près de 64 fois moins qu’un jean « classique » qui parcours lui environ 65 000 kilomètres. Si les ventes étaient modestes au départ, elles se développent peu à peu notamment grâce aux ventes en ligne. Son créateur Thomas Huriez compte bien continuer d’innover en matière de mode éthique. Même les grandes marques commencent à changer leurs comportements, par exemple Zara qui lance une gamme de vêtements fait en coton bio et en laine recyclée. Toutefois, ces évolutions sont à prendre avec prudence, car une immense majorité des vêtements vendus par ces mêmes marques reste toujours estampillée « Made in Bangladesh ».

Plusieurs labels ont été créés pour s’assurer de la qualité de ces vêtements, comme « Made in Ethic » qui garantit un vêtement respectant les piliers du développement durable. Malgré un prix plus élevé que les autres vêtements, s’habiller éthique pourrait bien remettre en question toute la chaîne de production textile.

Donc, si vous avez besoin de renouveler votre garde-robe, faut-il vraiment courir dans les centres commerciaux pour dévaliser les grandes marques à la mode ? Allez donc faire un petit tour dans les friperies, les ressourceries et les brocantes, vous économiserez de l’argent, vous trouverez une pièce sans doute unique et vous éviterez surtout la fabrication d’un vêtement nouveau. Ou bien faites comme nous, organisez un troc fringues. C’est ce que nous avons tenté au sein de notre classe d’abord, et que nous organisons le 28 avril prochain à l’échelle du lycée dans le cadre de notre semaine Développement durable. Chacun viendra avec ce qu’il ne met plus, et au lieu de jeter, pourra repartir avec ce qui lui plait. C’est économique, sympa et bon pour la planète : que du bonheur !

Yann Baron

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