Ecolo mais pas solo

Ecolo mais pas solo !

          Lundi matin, sept heures trente, votre collègue est garé devant votre domicile et vous attend pour vous emmener au travail, vous et deux autres collègues. On appelle cette pratique le covoiturage…

 Le covoiturage qu’est-ce que c’est précisément ?

            Le principe du covoiturage est le fait de partager sa voiture avec une ou plusieurs personnes ainsi que les frais afin de parcourir un trajet commun prévu en amont.  Cette pratique diffère de celle de l’auto-stop puisque le parcours, ainsi que les personnes qui y participent, est planifié à l’avance.

            Cette pratique a débuté dans les années 1950, à la suite de l’auto-stop. Elle a été créée par des associations allemandes, belges et françaises telle que Allostop pour la France et le Canada. Mais le terme « covoiturage », établi en 1989, est donc récent.

Et ça fonctionne comment ?

            Sur les plate-formes de covoiturage, les conducteurs souhaitant partager leur voiture publient le nombre de places disponibles et fixent un prix. Ensuite, c’est au tour du demandeur de prendre contact ou de réserver. Les trajets se font, en moyenne, sur une distance de 330 kilomètres mais peuvent bien sûr s’imaginer sur de petits parcours.

            Prenons un exemple concret. Imaginez que vous travaillez sur Lille tous les jours, excepté le samedi et le dimanche, que vous vivez à Cambrai et que vous faites ce trajet Cambrai-Lille chaque fois que vous allez travailler. Si vous prenez votre voiture et que vous vous déplacez seul, ce trajet vous coûte environ 8,55€ en péage ainsi qu’en carburant. Alors que si vous décidez de prendre 3 personnes avec vous, que vous leur faites payer 6€ le trajet par personne (ce qui est économique pour eux aussi qui gagnent 2.55€ par trajet), vous gagnez 18€. Si vous répétez cela pour tous vos trajets domicile/travail, vous gagnez même de l’argent : 120,6€ par mois en déduisant le coût du transport ! Malin !

Pour permettre aux gens d’avoir la possibilité de faire du covoiturage, certains pays ont mis en place des aires de stationnement ainsi que des voies réservées servant uniquement en cas d’embouteillage. Par exemple les Pays-Bas ont créé des « lifters plaats », trottoir d’environ 1 kilomètres à l’entrée des autoroutes qui permet de sécuriser les utilisateurs du covoiturage ainsi que les auto-stoppeurs.

Les Français, les leaders mondiaux du covoiturage

            Le leader mondial du covoiturage, avec 20 millions d’utilisateurs en 2015, n’est autre que BlaBlaCar, plate-forme communautaire payante, dirigée par la société françaiseComuto. Blablacar a fait en 2015, 80 000 000€ de chiffre d’affaires ! Quelle réussite ! Néanmoins celle-ci n’est pas la seule application de covoiturage. Il existe également quelques autres plate-formes, telles que « Covoiturage Libre », créée en 2011, sous forme d’association pour une plus grande garantie, ou ID.vroom, qui se consacre au « covoiturage du quotidien ».

Parlons chiffres, parlons trajets

            En 2015,11 millions de trajets longue distance ont été effectués à partir du modèle du covoiturage.

             Lors d’un trajet, il y a en moyenne 1,4 personne transportée, et donc 8 millions en 1 an.Un conducteur a en moyenne la possibilité d’offrir 2,7 places, par conséquent 33 millions de places offertes pour le covoiturage, dont la moitié seulement est occupée, ce qui veut dire que l’offre potentielle est plus élevée que la demande. A noter aussi que c’est une pratique plutôt jeune puisque la moyenne d’âge des utilisateurs tourne autour de 25 ans.

            Il y a malheureusement un problème d’équité. En effet, même si le covoiturage s’accroît, il ne représente que 1,6 % des déplacements longue distance. Les trajets de courtes distances représentant seulement 2,5 % des trajets.  Notre problème se situe donc là car c’est ce type de trajet qui cause le plus d’embouteillages et de pollution.

            Pour y remédier, une startup nommée Karos a prévu un algorithme capable de prédire les déplacements courts. Effectivement, BlaBlacar s’intéressant beaucoup plus aux longs déplacements, Karos est donc son concurrent majeur à ce niveau-là.

Alors le covoiturage, on l’adopte ?

            Certes, ce moyen de transport peut inquiéter encore le frileux qui n’accepte peut-être pas encore de laisser de côté son confort ou ses habitudes : il peut avoir peur de se retrouver avec des personnes qu’il n’aime pas, il ne sait pas à qui s’attendre et il ne veut pas changer ses habitudes. Mais, le covoiturage peut aussi permettre de faire de belles rencontres, de faire des économies et de diminuer les émissions de CO2. Cette pratique est une solution durable qui permet de protéger l’environnement. Trop peu pratiquée, elle n’est pas encore capable d’aider correctement notre planète.  En revanche, si peu à peu, nous nous convertissions au covoiturage, nous pourrions faire évoluer les choses.  S’il n’y a rien qui puisse nous freiner, alors pourquoi ne pas essayer ?

Cléa Hyneck et Lucas Pholoppe 

Nous avons rencontré Alexandre, 22 ans, cambrésien et utilisateur fréquent du covoiturage.

 « Pourquoi avoir commencé le covoiturage ?

            A la base, je voulais utiliser le covoiturage pour faire des trajets imprévus, c’était avant tout une utilisation récréative. Je n’utilisais pas le covoiturage pour aller au travail.

Comment et quand avez-vous découvert le covoiturage ?

            J’ai surtout découvert cette pratique par le biais des publicités pour Blablacar à la télévision, en 2015. Des proches m’avaient également conseillé d’essayer, que c’était pratique et sympathique.

Vous êtes plutôt conducteur ou « client » ?

            Pour moi c’est principalement « client », mais je conduis quelquefois tout de même, surtout pour les trajets les plus longs !

A quelle fréquence utilisez-vous cette pratique et pour quelles occasions ?

            J’utilise le covoiturage au moins une fois par mois, pour aller en Belgique ou en Allemagne, voire même pour simplement aller à Lille ou à Valenciennes.

            Le covoiturage me sert surtout pour faire de très longs trajets, comme pour partir dans le sud de la France par exemple, ou même aller dans d’autres pays ! Principalement, c’est surtout pour assister à des événements que j’apprécie, des concerts, etc.

Quel fut votre plus long trajet ?

            Mon trajet le plus long commencé à Cambrai et se terminait à Berlin avec la même personne, le propriétaire de la voiture. J’ai fait l’aller et le retour. Le conducteur allait lui aussi au festival de musique, alors évidemment, ça crée des liens !

Vous vous êtes donc fait des amis en utilisant le covoiturage ?

            Oui, le trajet Cambrai-Berlin m’a fait rencontrer beaucoup de personnes. Au fur et à mesure du voyage, le conducteur avait prévu de récupérer des gens pour les déposer plus tard. On pouvait s’endormir pendant le trajet et se réveiller avec de toutes nouvelles personnes dans la voiture. Alors on s’intéresse, on pose des questions, où allez-vous ? Pourquoi ? Ça rend la route moins longue et surtout plus sympathique.

Quel est votre avis sur le covoiturage ?

            Je trouve cette pratique très… pratique, justement. On fait des économies non négligeables, on rencontre des gens chaleureux et on a même un petit impact écologique qui fait toujours du bien. C’est vraiment une bonne chose le covoiturage ! ».

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