Les touristes, un fléau pour la planète ?

Les touristes, un fléau pour la planète ?

Le saviez-vous ? Un avion rejette environ 285 g de CO2 par passager et par km et pourtant le réchauffement climatique est annoncé partout comme une priorité. On sait par ailleurs que 60 % des vols aériens sont utilisés pour le tourisme … peut-on continuer ainsi ?

Paquebots dans la lagune de Venise (photo Andréa Pattaro. AFP)

Paquebots dans la lagune de Venise (photo Andréa Pattaro. AFP)

Du tourisme au tourisme de masse

Le tourisme apparaît à la fin du XIXème siècle avec la bourgeoisie qui pouvait se permettre de partir « en vacances » quand elle le souhaitait. Le voyage était considéré dans cette classe sociale comme formateur, la jeunesse bourgeoise en parcourant le monde acquérait des connaissances et de l’expérience… c’était aussi bon pour la santé, on allait respirer le « bon air » des montagnes ou de la mer quand on en avait la possibilité. La première agence de voyage, Thomas Cook, naît en Grande Bretagne en 1840.

Mais le tourisme ne prend réellement son essor qu’après la seconde guerre mondiale. Partout en Europe, les congés payés se développent, le temps de travail est de plus en plus réduit : en France, c’est en 1936 que les premiers congés payés sont mis en place mais ce n’est qu’après la guerre qu’on commence à partir, la question du pouvoir d’achat restant longtemps un frein. Les premières agences de voyage se développent en même temps que le tourisme se diversifie avec des formes moins coûteuses : auberges de jeunesse, camping, locations, vacances chez l’habitant, à la ferme permettent aux classes modestes et moyennes de partir en vacances, elles aussi, sans se ruiner. De tout cela, résulte le tourisme de masse qui peut nuire à l’environnement, aux lieux visités et au confort des habitants des régions d’accueil.

La pollution par les transports, une conséquence du tourisme de masse

Le tourisme de masse, à cause de ses transports polluants, participe à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, (première cause de la pollution atmosphérique) et constitue 8 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, ce qui correspond presque aux émissions de CO2 de toute l’Union Européenne (9,6%). Les touristes d’aujourd’hui utilisent à 54 % l’avion, à 39 % le bus et la voiture, à 5 % le bateau, et à 2 % le train. Même si les transports aériens représentent une majeure partie de ces gaz à effet de serre, les voitures ou les bus touristiques qui circulent quotidiennement ainsi que les bateaux de plaisance et de croisière polluent aussi : un seul de ces géants des mers peut ainsi produire 7000 tonnes de gaz polluants par an. Un paquebot de croisière à quai, tel qu’on peut le voir à Marseille ou à Venise par exemple, rejette dans l’atmosphère l’équivalent de dix à trente mille véhicules, à cause d’un carburant peu cher et beaucoup plus polluant que le diesel utilisé dans nos voitures. Ces gaz très polluants (émetteurs de particules fines) sont désastreux pour l’atmosphère et indirectement pour la santé humaine, pouvant provoquer des cancers.

Alors que faire ?

Faut-il vraiment renoncer aux vacances ? Qui peut prétendre aller contre cette évolution positive du XXème siècle puisque tout le monde, naturellement, y aspire.

Dès lors, comment protéger l’environnement ?

Au niveau international, si la destination est proche, il faut préférer l’utilisation du train ou du bus au lieu de l’avion qui rejette beaucoup plus de CO² au kilomètre.  Pourquoi prendre un avion pour faire Lille-Lyon alors qu’en TGV, cela se fait en 3 heures ? Ainsi, la Suède, par exemple, a développé des trains qui permettent de transporter les touristes sur tout leur territoire et des agences de voyages se sont spécialisées dans le transport uniquement ferroviaire en Europe.

En France, la taxe « Chirac » prélève un pourcentage de solidarité sur chaque billet d’avion vendu et permet de financer des actions humanitaires. Certains organismes proposent aussi de compenser leur coût carbone en replantant des arbres…

Pour partir en vacances, nous pouvons aussi préférer des véhicules moins polluants comme les voitures hybrides ou électriques ou à faible pollution…favoriser le covoiturage qui permet à tout le monde de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre.

Nous avons pour notre part réalisé un atelier au sein de notre lycée durant la semaine du Développement durable visant à montrer aux élèves qu’il est possible de partir en vacances tout en protégeant notre planète.

Un tourisme durable est à inventer …

Beaucoup de touristes se rendent compte de l’impact de leurs voyages sur l’environnement et sur les populations des endroits visités. Aujourd’hui, il existe des agences de voyages écologiques comme « ecovoyageur.com » ou encore « neorizons-travel.com ».

Elles proposent aux touristes des programmes plus respectueux de l’environnement mais également de la population locale. Cela passe par le tourisme « équitable », des hébergements garantissant à l’échelle locale une part équitable des gains du tourisme, et par le tourisme durable planifié pour prendre en compte le milieu naturel, la préservation des sites et la sécurisation de la biodiversité menacée.  Les agences de voyages écologiques sélectionnent des hébergements qui respectent l’écologie et développent leur activité de façon durable, avec tri et recyclage des déchets, approvisionnement en énergie durable, retraitement de l’eau.

Il est ainsi possible aujourd’hui d’évoluer vers un tourisme plus respectueux de l’environnement et des populations locales. Alors continuons à prendre des vacances mais de manière plus citoyenne.

Nelly Nocton, Mathilde Muchembled, Constance Eber

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