Des recherches vertes comme les arbres

Des recherches vertes comme les arbres

Un sondage révélateur

Nous avons effectué un sondage auprès de 28 élèves de notre lycée, pris au hasard sur ce qui pollue le plus entre une ampoule allumée pendant 30 minutes, une recherche sur Google et une voiture qui roule 10 minutes. 22 élèves pensent que c’est la voiture qui pollue le plus, 4 élèves que c’est l’ampoule allumée et 2 seulement que c’est la recherche Google. En fait, et vous ne vous en doutiez peut-être pas, c’est bien Google….

Google, un des plus gros émetteurs de CO2 au monde

En effet, une simple recherche Google consomme autant d’énergie qu’une ampoule pendant une heure (0,2 gramme de CO2). En sachant qu’il y a environ 3.5 milliards de recherches par jour soit 1204 milliards par an, le géant Google est devenu le plus grand pollueur du secteur numérique, avec une activité qui ne représente pas moins de 40% de l’empreinte carbone de l’ensemble d’Internet ! Selon une étude de 2014, un email envoyé avec une pièce jointe de 1Mo rejette 15g de CO2, à multiplier par 4 si on l’envoie à 10 destinataires, soit 60g de CO2. En comparaison, les nouvelles voitures (de 2020) rejettent autour de 120g CO2/km.

Ce qui cause la pollution, ce sont les data-centers (centre de traitement des données en français) qui regroupent des serveurs, des sous-systèmes de stockage, des commutateurs de réseau, des routeurs, des firewalls, et bien entendu, des câbles et des racks physiques permettant d’organiser et d’interconnecter tout cet équipement informatique. Bref, ce sont les têtes de réseau pour utiliser internet extrêmement énergivores.

Une alternative plus écologique

Ecosia affiche son décompte d'arbres plantés en direct, ici capture d'écran au 13 mars (Photo Ecosia)

Ecosia affiche son décompte d’arbres plantés en direct, ici capture d’écran au 13 mars (Photo Ecosia)

Ecosia est un moteur de recherche similaire à Google mais qui se veut écologique : fondé par l’entrepreneur allemand Christian Kroll en 2009, il affirme lutter aussi contre la déforestation. Ainsi, ses engagements sont simples : planter des arbres et ainsi contribuer à emprisonner du C02 pour lutter contre les changements climatiques. En juillet 2018, il y a eu 62,8 millions recherches pour ce formidable moteur de recherche. C’est beaucoup mais c’est malheureusement encore trop peu face à Google. Pourtant rien de plus simple qu’Ecosia : vous pouvez l’installer sur votre pc, sur votre téléphone, votre tablette et il faut juste une connexion internet https://www.ecosia.org/.

Cela ne semble pas grand-chose à notre niveau mais chaque geste compte pour préserver notre planète et son écosystème, limiter le réchauffement climatique et peut être permettre ainsi d’envisager un avenir meilleur pour l’humanité.

Une action vraiment efficace ?

Des programmes de plantations dans près de 16 pays financés par Ecosia (crédit Pixabay)

Des programmes de plantations dans près de 16 pays financés par Ecosia (crédit Pixabay)

Ecosia indique le nombre d’arbres qu’il plante ; sous sa barre de recherche, on voit que, fin 2020, Ecosia a planté plus de 120 millions d’arbres. Il y a environ un arbre planté toutes les 2,3 secondes dans le monde en sachant qu’il faut d’après le site, environ 45 recherches pour planter un arbre.

Chaque plantation est financée grâce à vos recherches: lesitecibleensuitedespublicités qui correspondent le mieux à votre profil et reverse 80 % des bénéfices générés pour la plantation des arbres.

Ecosia soutient ainsi plus de 20 programmes de plantation d’arbres dans 16 pays : le Brésil, le Burkina Faso, la Colombie, l’Espagne, l’Éthiopie, le Ghana, Haïti, l’Indonésie, le Kenya, Madagascar, le Maroc, le Nicaragua, l’Ouganda, le Pérou, le Sénégal et la Tanzanie. Le site travaille aussi avec des associations comme WeForest et OZG au Burkina Faso, PUR Projet au Pérou ou Eden Project à Madagascar pour planter des arbres.

Cela peut paraitre curieux mais il n’y a pas d’arbres plantés aux Etats-Unis ou en Chine qui sont de très gros pollueurs car d’après Ecosia, cela coute plus cher dans ces pays et les terres sont moins disponibles. L’action se dirige surtout dans les pays où la main d’œuvre et les terres coutent moins dans un souci d’efficacité. Et la lutte contre les gaz à effet de serre est un combat global.

Plus il y a d’arbres plantés, mieux le monde se portera, un arbre en Afrique absorbera la même quantité de CO2 qu’un arbre en Chine ou aux Etats-Unis.
Ecosia cible néanmoins ses plantations seulement dans les zones déboisées où les arbres poussaient naturellement. Sur ces terres non cultivées, les premiers arbres permettent l’arrivée d’autres espèces en fixant l’azote grâce à des symbioses avec des bactéries et en captant l’eau, ce qui attire certains animaux et permet à la faune de se régénérer.

Enfin, pour augmenter leurs chances de survie, Ecosia choisit dès le départ une variété d’espèces d’arbres indigène puisque ces espèces ont mis des centaines d’années à s’adapter à leur environnement local ; c’est donc optimiser la réussite de cette reforestation que d’agir ainsi.

Des arbres pour notre survie

Une futaie de hêtres en allemagne, un lieu de stockage du CO2 non négligeable (Photo Willow Wiki.ccommons)

Une futaie de hêtres en allemagne, un lieu de stockage du CO2 non négligeable (Photo Willow Wiki.ccommons)

Les arbres, en effet, consomment du CO2 : en présence de lumière et d’eau, les parties chlorophylliennes des arbres, notamment les feuilles, convertissent le dioxyde de carbone (CO2) de l’air en carbone organique (sucres). Les arbres respirent aussi et rejettent du dioxyde de carbone, qui est un composant tout à fait normal dans notre atmosphère, mais à la lumière, la photosynthèse est beaucoup plus efficace que la respiration. Les arbres, comme toutes les autres plantes vertes, absorbent les gaz à travers leurs stomates qui sont des petites structures à la surface des feuilles qui peuvent s’ouvrir ou se fermer en fonction des conditions du milieu (notamment l’humidité). Pour la plupart des espèces ordinaires, chaque arbre peut stocker en moyenne 20 à 35 kg de dioxyde de carbone par an. Chacun peut ainsi mieux comprendre leur rôle essentiel dans la lutte contre l’augmentation considérable de nos émissions de C02 dans l’atmosphère. Toutefois, ces pièges de carbone ne sont efficaces que sur un temps limité correspondant au temps de vie de l’arbre. Si l’arbre meurt et se décompose ou s’il brûle, le carbone qui a été stocké est alors relâché dans l’atmosphère.

Tous les moteurs de recherche sont responsables de pollution et d’ailleurs Ecosia lui-même à chaque recherche génère aussi du C02. Mais certains compensent leurs émissions de carbone en plantant des arbres. Et ce n’est pas le cas de Google, celui que nous utilisons le plus souvent…

Cela doit changer et nous, utilisateurs du net, nous en avons le pouvoir : alors, soyons verts comme l’arbre, pas comme le dollar.

Johany Delille-Frémeaux et Léandre Lacroix

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