Le Cambrésis en transition

Le Cambrésis en transition

D’après Météo France, 2020 a été la plus chaude année jamais enregistrée en France. En effet, le réchauffement climatique est aujourd’hui une réalité que personne ne peut plus contester. Lutter contre est d’abord l’affaire des décideurs économiques et politiques, mais chacun de nous peut agir pour tenter de le ralentir à l’échelle de nos territoires. Ainsi dans le Cambrésis, autour de notre lycée, c’est un Plan Climat Air Energie Territoriale qui a été mis en place.

Un Plan Climat, c’est quoi ?

C’est un projet local qui s’inscrit dans une démarche nationale, visant avant tout la réduction des émissions de gaz à effet de serre, principale cause du réchauffement climatique. L’objectif est de contrer les changements climatiques actuels et à venir, en favorisant la transition énergétique du territoire. La collectivité Pays du Cambrésis, qui rassemble 116 communes de trois intercommunalités, les communautés d’agglomération du Cambrésis (CAC), du Caudrésis-Catésis (CA2C) et la communauté de communes du Pays Solesmois (CCPS), s’est lancée en 2017 dans l’élaboration d’un Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET). Un projet similaire avait été lancé en 2008, il a donc été mis à jour. A ce jour, dans le Cambrésis c’est plus de 164 000 habitants et leurs élus qui sont en mouvement.

Une démarche en plusieurs étapes

Comme toute démarche environnementale, il s’agit d’abord d’établir un diagnostic le plus précis possible :  d’abord la connaissance des émissions de gaz à effet de serre, de l’évolution de la situation dans notre territoire mais aussi la mesure de la vulnérabilité du Cambrésis face aux aléas climatiques. Le PCAET a aussi permis de cibler les domaines d’activités qui sont les plus concernés. Par la suite, s’est mis en place un « collectif climat » avec tous les acteurs concernés pour adopter un plan d’action :  c’est une vraie mobilisation qu’il faut susciter pour construire un avenir durable localement.

Cette stratégie d’action mise en place sur plusieurs années se décompose en cinq grands axes stratégiques : les transports, l’habitat, le recyclage de déchets, les comportements et gestes éco-responsables ou encore l’animation et le suivi du projet. Pour chacun, des objectifs sont fixés et des pistes d’actions proposées avec comme finalité principale du projet, rappelons-le, de diminuer par 4 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

 

Rencontre avec les acteurs

Avec Mme Vanrenterghem au siège de la communauté d’agglomération de Cambrai (Crédit photo V. Machepy)

Avec Mme Vanrenterghem au siège de la communauté d’agglomération de Cambrai (Crédit photo V. Machepy)

Magdalena Vanrenterghem, que nous avons rencontrée, est la chargée de mission de ce Plan Climat depuis 2008. Elle nous précise que la réalisation d’un Plan Climat Air Energie territorial est une obligation légale imposée à toutes les communautés d’agglomération de plus de 20000 habitants depuis 2015. Mais c’est avant tout un projet qui traduit l’engagement volontaire de l’ensemble des acteurs, bien avant cette loi.

Mme Vanrenterghem  travaille actuellement sur plusieurs dossiers dans le cadre du plan climat et notamment sur les énergies renouvelables, l’implantation d’éoliennes, de centrales photovoltaïques mais aussi de la méthanisation dans le Cambrésis ou encore des réseaux de chaleur comme à Masnières par exemple. La verrerie y utilise l’énergie perdue de ses fours pour alimenter la ville en énergie.

Ce sont aussi des projets de plantation pour aider le territoire à s’adapter au changement climatique, par exemple en créant des haies par exemple pour empêcher les inondations, les ruissellements ou les coulées de boue.  De même, la plantation d’arbres en ville abaisse la température durant les périodes de canicule pour éviter la surchauffe et les îlots de chaleur. Ces projets de plantation permettent d’améliorer aussi le stockage du carbone.

Dans le domaine de la mobilité, le but principal est de favoriser des déplacements plus écologiques et de baisser de 20 % les émissions de gaz à effet de serre de notre territoire. Un plan de déplacement est d’ailleurs en train de se mettre en place autour de notre lycée Paul Duez. Une enquête va être lancée afin d’étudier nos déplacements et d’éviter la dépose de manière individuelle pour trouver une alternative à la voiture. Mme Vanrenthergem va ainsi être amenée à rencontrer notre proviseure très prochainement.

Escaudoeuvres, une commune pleinement engagée

Magdalena Vanrenterghem travaille main dans la main avec les élus locaux du territoire, comme Thomas Frémond, deuxième adjoint au maire d’Escaudœuvres, une commune de 3200 habitants. Elu depuis mars 2020, il  est en charge de la transition écologique et de l’environnement dans sa commune. Thomas Frémond et la commission de transition écologique et de l’environnement d’Escaudœuvres ont ainsi mis en place un plan sur 6 ans avec différents critères, qui agissent dans le Plan Climat. L’économie des ressources en eau, la gestion des déchets, l’isolation des bâtiments, la préservation de la biodiversité ou encore la valorisation des circuits courts font partie des critères.

Un partenariat avec l‘entreprise « Mego ! » qui a permis d’installer des cendriers de collecte un peu partout dans la ville (Crédit T. Fremond)

Un partenariat avec l‘entreprise « Mego ! » qui a permis d’installer des cendriers de collecte un peu partout dans la ville (Crédit T. Fremond)

Screenshot_20210304-133743_Gallery

Pour la gestion des déchets par exemple, la commune s’est engagée dans le recyclage des mégots de cigarettes. En effet, de nombreux mégots étaient jetés régulièrement dans les rues, c’est une sensibilisation au recyclage des mégots qui s’est mise en place. Plusieurs cendriers ont été installés partout dans la commune. Thomas Frémont nous explique alors que ces mégots sont récoltés par l’entreprise « MéGO! », qui récupère le plastique à l’intérieur des mégots de cigarettes, pour ensuite en faire des tables et des chaises urbaines. Cette action permet surtout de lutter contre la pollution de l’eau qui est un véritable fléau dans nos villes. En plus de cela, des cendriers portables de poche ont été distribués aux fumeurs de la ville, afin de diminuer le nombre de mégots de cigarettes jetés dans la rue. Cette action qui peut sembler modeste au premier abord est une réalisation concrète qui s’inscrit plus globalement dans ce plan territorial.

Toujours à Escaudoeuvres, les agents communaux ont été récemment formés à l’entretien des espaces verts « zéro phyto » lors d’une rencontre avec les agents d’une autre commune de l’agglomération, Proville, qui a intégré ces pratiques depuis quelques années. Là encore, un des effets du Plan climat qui fait évoluer les pratiques, ici, en mutualisant les expériences.

Avec ces différentes actions mises en place dans les communes de l’intercommunalité, le Plan Climat Air Energie Territorial du Cambrésis est bien en train d’atteindre ses objectifs : partout des communes et des habitants se mobilisent pour agir ensemble contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre que nous subissons. Pourtant, tout cela est encore bien peu connu et c’est dommage ! Encourageons donc ces différentes actions en en parlant autour de nous ! Il n’y a pas de fatalité face au danger climatique, on peut agir et on agit déjà !

 

Victoria Machepy et Lison Wronka

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.